Bien manger, mieux bosser

Dans la société actuelle, les fast food et les personnes en surpoids ou obèses n’ont jamais été aussi nombreux. En résonance à la malbouffe, la notion d’équilibre alimentaire revient au centre des attentions, notamment dans l’entreprise. Quand la qualité des repas joue sur votre performance au travail.

Dans le film « Super Size Me » datant de 2004, Morgan Spurlock se nourrit de menus burger et de boissons sucrées à tous le repas pendant un mois, ne refusant jamais la proposition de taille XXL au choix du menu. Mesurant les conséquences sur son propre organisme, le constat des médecins est sans appel : prise de poids, taux de graisse et de sucre élevés dans le sang, libido en berne et état mental dépressif. Il faut cesser l’expérience au plus vite. Nous sommes ce que nous mangeons. Mal manger conduit irrémédiablement à la dégradation de notre santé.

Les problèmes de poids explosent

Les études scientifiques abondent dans ce sens. Selon une enquête Ipsos en 2012 sur les habitudes de vie qui exposent au surpoids et à l’obésité chez 1 000 jeunes âgés de 15 à 25 ans, « l’exercice d’une activité professionnelle contraint 60% des jeunes à déjeuner fréquemment sur le pouce et 33% des jeunes à sauter fréquemment la pause déjeuner ». D’après l’enquête épidémiologique nationale sur le surpoids et l’obésité (2012), « plus de 21 millions de Français de plus de 18 ans sont en surpoids ou obèses… Dans les foyers au revenu net de 3 800 euros par mois ou plus, 8,3% des adultes sont obèses contre 24% dans les foyers dont le revenu est inférieur à 1 200 euros par mois ». L’étude du Bureau International du Travail en 2005 sur l’alimentation au travail montre le coût exorbitant des dépenses médicales (environ 51,6 milliards de dollars), la perte colossale générée par les journées non travaillées (39,2 millions, 239 millions de journées amputées) aux Etats-Unis, sans parler de l’hospitalisation ni des visites chez le médecin. En France, un rapport parlementaire de 2011 fait état d’une estimation du coût annuel de l’obésité à 2,6 milliards d’euros, formulant une hypothèse de doublement d’ici 2020.

Au regard de l’enjeu de santé révélé par ce constat saisissant, la qualité de l’alimentation au travail prend un sens particulier. Sensible à la qualité de vie et au bien-être au travail, je me suis donc intéressé à faire le lien entre alimentation et travail.

Peu de réglementation sur la nutrition

Tout d’abord, sur le plan législatif, les salariés ne sont pas autorisés à se restaurer dans les locaux dédiés au travail. Si aucune boisson alcoolisée n’est autorisée sur le lieu de travail, le vin, la bière, le cidre et le poiré sont exceptionnellement admis ! A l’inverse, il est interdit de laisser entrer ou séjourner dans les lieux de travail des personnes en état d’ivresse. L’exception française qui confirme la règle… Comprenne qui pourra ! Dans les établissements comprenant 25 salariés ou plus, l’employeur met à disposition un local dédié à la restauration et équipé (sièges, tables, robinet, appareil de réchaud et de réfrigération). Après chaque repas, ce local sera nettoyé. Concernant les boissons, l’employeur met de l’eau potable et fraîche à la disposition de ces salariés, notamment lors des conditions extrêmes de chaleur. Le programme national nutrition santé « Manger Bouger » 2011-2015 préconise le développement de chartes d’engagements au profit des salariés et le partage des initiatives d’entreprises actives. Au final, la loi réglemente la nutrition en entreprise de manière très superficielle.

Ensuite, sur le plan physiologique, des éléments de base régissent l’alimentation. Selon Wikipédia, « le métabolisme basal (MB) correspond aux besoins énergétiques incompressibles de l’organisme, c’est-à-dire la dépense d’énergie minimum quotidienne permettant à l’organisme de survivre, c’est-à-dire juste maintenir en activité ses fonctions (cœur, cerveau, respiration, digestion, maintien de la température du corps). »  En moyenne, un homme actif a besoin de 2 200 kilocalories par jour, une femme 1 800 kcal/jour. Une rapide recherche sur internet vous conduira aux tableaux précisant votre besoin calorique, votre indice de masse corporelle ou grasse, votre poids idéal selon vos mensurations.

Manger varié, équilibré et adapté à sa dépense énergétique

Si le travail entre un sédentaire devant l’ordinateur et le maçon actif à l’extérieur induit un besoin calorique différent, la variété et l’équilibre alimentaire reviennent à manger de tout, avec modération. Pour apporter l’énergie nécessaire toute la journée, notre organisme a prioritairement besoin de :

– protéines (viande, poisson, œufs) qui servent à construire les cellules de notre corps, dont les muscles. Il n’est pas nécessaire d’en manger à tous les repas,
– fibres (plus de 5 fruits et légumes / jour),
– lipides ou matières grasses (huile, fromage, beurre) à modérer
– glucides ou sucres : soyez vigilants sur le sucre, trouvé dans de très nombreux produits que vous ne soupçonnez pas (pour en savoir plus, lisez http://santezvousbien.com/sucre-addiction-reduire-consommation/

L’objet de cet article n’est pas de vous dire quoi manger, cela prendrait des pages et des pages et de nombreux sites vous expliquent déjà cela de manière claire et précise.

Concilier conscience et plaisir

Au quotidien, il est entendu que le petit déjeuner doit être le plus calorique de la journée. « Très fortement recommandé sur le plan nutritionnel » après une nuit où le corps se trouve au ralenti, en sommeil et où le taux de glucose faiblit, démarrer du bon pied la journée de travail nécessite une énergie pour être performant, aussi bien physiquement qu’intellectuellement.
Le déjeuner requiert davantage d’attention puisque souvent pris au travail. Cette pause de plus en plus courte, rogne sur le temps du repas. Selon Véronique Braesco, docteur en nutrition et dirigeante de VAB-nutrition (conseil aux entreprises), « il faut prendre le temps de s’asseoir avec d’autres personnes,  au moins 25 minutes, pas devant l’ordinateur ni dans la rue. Manger un sandwich, une salade n’est pas un drame tout comme il ne faut pas manger régulièrement au fast food. Il n’y a pas véritablement d’interdit, il faut simplement être conscient de ce qu’on mange, faire attention aux graisses, aux sucres et veiller à contrebalancer les repas riches le lendemain ». Le site mangerbouger.fr propose de vous fabriquer vos menus ici : http://www.mangerbouger.fr/Manger-Mieux/Vos-outils/Fabrique-a-menus

Le salarié est responsable de ses choix

De nombreuses entreprises proposent la cantine à leurs salariés. L’employeur et la société de restauration ont tout intérêt à expliquer les bonnes pratiques à adopter en matière d’alimentation. Cantine, réfectoire, brasserie… Le salarié reste libre de s’alimenter comme bon lui semble. A ce titre, les distributeurs automatiques, interdits à l’école dès 2004, incite à la tentation entre les repas. « C’est une catastrophe nutritionnelle. Les produits transformés (confiseries, gâteaux, chips) sont très souvent de mauvaise qualité » ajoute l’ancienne directrice de recherche à l’INRA. Si ce n’est pas bon pour les écoliers, pourquoi le serait-ce pour les plus grands ? Peut et doit mieux faire !

Attention aux tentations !

Comment les spécificités de chaque travail (de nuit, exposition à la chaleur, debout/assis) influent-elles sur la façon de s’alimenter ? « Des études montrent que les salariés mangent très mal pendant leur travail la nuit, et souvent plus. Travailler et manger la nuit ne sont pas des rythmes naturels. Il faut veiller à équilibrer sa prise alimentaire avec des fruits et légumes. Pour affronter la chaleur, il n’y a pas d’autre alternative que de s’hydrater régulièrement avec l’eau de grande préférence ». L’alcool et les boissons sucrées sont à éviter. Travailler trop longtemps assis n’est pas non plus une bonne chose. Des entreprises ont d’ailleurs mis en place des postes de travail en station debout pour contrer ça. Le blog Santez Vous Bien vous explique les bonnes positions pour chasser les effets pervers de la chaise à durée prolongée. De même, les réunions viennoiseries, les déjeuners de travail, les pauses sur la route sont sujet à écart alimentaire ; il ne faut pas confondre travail et alimentation, et bien distinguer ces temps.

Bien manger, mieux travailler !

Enfin, l’intérêt de bien s’alimenter pour l’entreprise est multiple. Au-delà de la responsabilité et de l’éthique de l’entreprise, un salarié bien alimenté est mieux portant, moins malade, en meilleure forme et par conséquent moins absent ou sujet à l’absentéisme. Si l’Etat incite les entreprises à prendre des initiatives pour lutter contre le fléau de la malnutrition, c’est avant tout au salarié d’avoir une hygiène de vie et une saine alimentation. Des études montrent qu’un mode de vie équilibré permet accroître l’attention et la performance au travail.

Yann
 

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